Le café est sans gluten. Le Coca-Cola aussi, comme la plupart des sodas. Le piège est ailleurs : dans le café d’orge, qu’on commande en Italie comme un expresso, dans les boissons maltées, et dans certaines poudres chocolatées qui contiennent de la farine de blé. Voici ce qu’on peut boire sans y penser, et ce qu’il faut lire.
Le café nature
Un grain de café est la graine d’un fruit, torréfiée. Il n’y a pas de céréale dans une tasse d’expresso ou de café filtre. L’AIC, l’association italienne des cœliaques, range dans les produits permis le café, le café décaféiné, les dosettes et les capsules. La DZG, en Allemagne, cite le café parmi les boissons sûres du petit-déjeuner.
L’AIC s’est même intéressée aux dosettes en papier : d’après les fabricants italiens, leur enveloppe est faite de cellulose et de résine, sans gluten. Elles conviennent donc si elles contiennent du café pur. Les dosettes d’autres boissons chaudes — chocolat, cappuccino, ginseng — sont classées à risque.
Le café soluble est un cas intermédiaire : l’AIC le classe « à risque », pas interdit. Un café soluble pur reste du café ; ce sont les mélanges 3-en-1, les cappuccinos en poudre et les préparations aromatisées qui ajoutent des ingrédients à vérifier.
Le café d’orge : le vrai piège
C’est le point de l’article. Le café d’orge contient du gluten, parce qu’il est fait d’orge torréfiée. Et il se boit beaucoup plus qu’on ne le croit dans trois pays :
- En Italie, on commande « un orzo » au bar comme on commande un expresso, en petite ou grande tasse. Il existe aussi en capsules et en soluble.
- En Allemagne, le Caro Landkaffee est un classique. Nestlé en donne la composition sur son site : orge, malt d’orge, chicorée et seigle — deux céréales à gluten sur quatre ingrédients.
- Au Brésil, le café de cevada se vend comme alternative sans caféine.
L’AIC classe les succédanés de café et les boissons à base d’orge parmi les produits interdits, sauf mention « sans gluten ». Il existe en effet des cafés d’orge traités pour abaisser leur teneur en gluten sous 20 ppm. Même pour ceux-là, l’association suggère une consommation modérée ou occasionnelle : le gluten y a été réduit, il n’était pas absent au départ.
Le café au ginseng, autre spécialité des bars italiens, est souvent une préparation instantanée à plusieurs ingrédients. L’AIC le classe « à risque » : à éviter sans mention senza glutine.
La chicorée pure, elle, est une racine torréfiée, sans céréale. Ce sont les mélanges « chicorée et céréales » ou les « cafés de céréales » qu’il faut lire.
Au Brésil, un piège de plus. L’ajout d’orge ou de maïs dans le café moulu est une fraude connue. L’association des torréfacteurs, l’ABIC, attribue depuis 1989 un Selo de Pureza à des cafés contrôlés sans ajout de céréales. Le mot à chercher sur une étiquette brésilienne reste « contém glúten » ou « não contém glúten », obligatoire depuis une loi de 2003.
Capsules et cafés aromatisés
Les capsules de café pur ne posent pas de problème particulier. La foire aux questions de Nespresso, consultée en septembre 2026, indique que ses cafés ne contiennent pas d’allergènes, gluten compris. Elle précise un point utile : quand une description parle de notes « maltées » ou « céréalières », il s’agit d’arômes naturels du grain, pas d’un ingrédient ajouté.
Ce qui se lit, ce sont les capsules d’autres boissons : chocolat, cappuccino, lait, orge. Et les cafés aromatisés en grains ou moulus, qui peuvent contenir un arôme à l’origine non précisée. En Europe, si de l’orge ou du blé entre dans la recette, ils doivent figurer en gras dans la liste d’ingrédients. C’est ce que repère le scanner Nutrixe : « malt », « orzo », « cevada », « barley » ou « Gerste » dans la liste, et le verdict passe au rouge.
Coca-Cola et sodas
Coca-Cola France indique sur son site que la boisson ne contient aucun des quatorze allergènes listés par le règlement européen 1169/2011, qui comprend les céréales contenant du gluten. L’AIC classe les colas, limonades, tonics et sodas, y compris les versions light et zéro, parmi les produits permis.
Les sodas ne sont presque jamais le problème. La seule exception à garder en tête : les boissons maltées et les « bières sans alcool », qui restent en général des bières d’orge, sauf mention « sans gluten ». Nous en parlons dans l’article sur les bières sans gluten.
Chocolat chaud et boissons maltées
Ici, les recettes varient beaucoup d’une marque à l’autre, et d’un pays à l’autre.
L’AIC classe les préparations pour boissons chocolatées et cappuccino « à risque » : elles peuvent contenir du malt, de la farine ou des céréales biscuitées. La DZG allemande, de son côté, cite le cacao en poudre pur parmi les produits sûrs. Le cacao n’est pas le problème ; ce qu’on y ajoute, si.
| Produit | Ce que dit la source | Gluten |
|---|---|---|
| Ovomaltine | FAQ officielle (site suisse) : « en grande partie composée d’extrait de malt d’orge », déconseillée aux intolérants au gluten | Oui |
| Banania Traditionnel (France) | Liste relevée sur Open Food Facts : céréales biscuitées (farine de froment, farine d’orge, blé malté) | Oui |
| ColaCao Original (Espagne) | FAQ officielle : contient de la farine de blé | Oui |
| ColaCao Sin Gluten, ColaCao Puro (Espagne) | FAQ officielle : sans gluten | Non, selon la marque |
| Nescau (Brésil) | Site officiel : « CONTÉM GLÚTEN », peut contenir avoine, orge et blé | Oui (mention obligatoire) |
Sources consultées en septembre 2026. Les recettes changent : l’étiquette du produit que vous tenez fait foi.
Le cas de Nescau est instructif : aucune céréale à gluten dans la liste d’ingrédients, mais la mention « contém glúten », accompagnée d’un « peut contenir avoine, orge et blé » : c’est le risque de contamination qui est déclaré. Au Brésil, la loi oblige chaque aliment à dire l’un ou l’autre.
Pour les boissons maltées — Ovomaltine et ses équivalents —, la règle est simple : le malt est de l’orge germée, et c’est le principe même de la boisson. Notre article sur le malt détaille les mots qui trompent (maltodextrine, maltose) et ceux qui ne trompent pas.
Au café et dans les chaînes
Au comptoir, le café lui-même est rarement le risque. Trois choses le sont davantage :
- La boisson végétale à l’avoine. Devenue la base de beaucoup de lattes, elle est faite d’avoine, souvent contaminée par le blé si elle n’est pas certifiée. L’AIC classe les boissons à base d’avoine « à risque ». Nous expliquons pourquoi dans l’article sur l’avoine.
- Les sirops et toppings. Crumble de biscuit, « cookie », céréales sur la mousse : ce sont eux qui apportent le gluten, pas l’expresso.
- Ce qui accompagne. Le petit biscuit posé sur la soucoupe, le spéculoos, le cantuccio.
Les grandes chaînes ont chacune leurs pratiques : nous consacrons un article à Starbucks.
La base Nutrixe compte 300 cafés 100 % sans gluten, où l’on commande la tasse et ce qui l’accompagne sans poser de question. Quelques exemples :
- Caffè Valiani senza glutine, à Pistoia — pâtisserie-bar historique entièrement sans gluten, pour le petit-déjeuner à l’italienne.
- Les douceurs d’Hélène, à Nîmes — coffee shop 100 % sans gluten, café de spécialité, banana bread et cookies ; noté 4,8.
- Rada Coffee & Rösterei, à Heidelberg — torréfacteur et café-restaurant 100 % sans gluten, cuisine vénézuélienne à la farine de maïs.
- TACCOFF, à Buenos Aires — café-boulangerie certifié sin TACC dans Palermo, café de spécialité ; 4,4 sur plus de 2 500 avis.
- Pandan, à São Paulo — restaurant et café 100 % sans gluten fondé par une cœliaque.
Photos et listes d’ingrédients : Open Food Facts, base collaborative sous licence ouverte, relevées le 26 septembre 2026. Les recettes changent : l’étiquette du paquet que vous tenez fait foi.
En résumé
- Le café en grains, moulu, décaféiné, en capsule ou en dosette pure est sans gluten.
- Le café d’orge (orzo, cevada, Caro) contient du gluten ; même « sans gluten », l’AIC conseille la modération.
- Café soluble, café au ginseng, cappuccino en poudre : à vérifier.
- Coca-Cola et les sodas classiques sont sans gluten.
- Chocolat en poudre : le cacao pur va bien, les préparations se lisent ; Ovomaltine et Banania contiennent du gluten.
Un doute sur une boîte ? Le scanner Nutrixe lit la liste d'ingrédients et repère le malt ou le blé là où on ne les attend pas, dans toutes les langues de l'étiquette. Découvrir l'application.